Le fondateur de Wikipédia, Jimmy Wales, ne modifie pas la page de Donald Trump parce que, franchement, l’ancien président “me rend fou”. Cet aveu brutal, fait lors d’une récente interview, révèle une vérité plus profonde sur la plateforme qu’il a construite : maintenir la neutralité dans un monde polarisé est épuisant. Le Pays de Galles, contrairement à de nombreux milliardaires de la technologie, semble plus intéressé à réparer son réseau Wi-Fi domestique qu’à bavarder avec des courtiers influents. Son nouveau livre, The Seven Rules of Trust, tente d’appliquer le succès improbable de Wikipédia à une société noyée dans la désinformation.
Le cœur de la frustration du Pays de Galles est que Wikipédia fonctionne en raison de ses origines humaines désordonnées. Il n’est pas optimisé pour la croissance à tout prix, mais il est pourtant utilisé par des milliards de personnes. C’est à la fois un miracle et un handicap. Les gouvernements de la Russie à l’Arabie Saoudite ciblent la plateforme, tandis que les théoriciens du complot considèrent les faits comme facultatifs. Le Pays de Galles comprend parfaitement cette hostilité.
Le problème de la confiance aujourd’hui
Le point de vue du Pays de Galles est simple : il est plus difficile de bâtir la confiance que de la conserver. Les gens sont sceptiques. Vous devez gagner leur foi, et même dans ce cas, des erreurs se produisent. Le pardon nécessite cette confiance de base, mais Internet ne l’offre pas gratuitement. C’est pourquoi le Pays de Galles refuse de modifier la page Trump. Sa santé mentale vaut plus que la correction d’une entrée biaisée.
Wales admet qu’il évite les disputes en ligne sur les questions trans. Pourquoi? Parce qu’ils sont “trop toxiques”. Inutile de s’engager lorsque l’autre partie ne se soucie pas des faits. Ce pragmatisme s’étend à ses préférences technologiques. Il fait plus confiance à Wikipédia qu’à ChatGPT, un sentiment partagé par tous ceux qui apprécient les informations vérifiables. Reddit, étonnamment, obtient son approbation occasionnelle, car il contient encore des paragraphes.
Les conséquences involontaires du libre accès
L’interview met en lumière un côté sombre de l’ouverture de Wikipédia. N’importe qui peut modifier, ce qui signifie que n’importe qui peut contribuer à des déchets. Katie Drummond, l’intervieweuse, a découvert qu’elle possédait une page Wikipédia grâce à d’obscurs podcasts où elle partageait des informations personnelles. Le Pays de Galles ne prétend pas que c’est l’idéal. Cela arrive.
La croissance de la plateforme n’est pas glamour. Passer de zéro à un budget annuel de 207,5 millions de dollars implique de « mauvaises embauches », des difficultés de croissance et une tension constante entre l’esprit communautaire et la professionnalisation. C’est compliqué, imparfait et étonnamment décousu pour une organisation qui touche des milliards de vies.
L’avenir des faits
L’histoire du Pays de Galles nous rappelle que construire quelque chose d’utile dans un monde brisé n’est pas une question d’optimisation ou de monétisation. Il s’agit de résister aux forces qui veulent le détruire. Son refus de consulter la page Wikipédia de Trump n’est pas seulement personnel ; c’est une déclaration. Certaines batailles ne valent pas la peine d’être menées. Certaines lignes ne valent pas la peine d’être franchies.
“Le problème est que si vous entrez dans l’attention du public, les petits podcasts finiront par transformer votre vie en une entrée Wikipédia. J’ai eu des expériences où des journalistes prenaient simplement des informations inexactes sur le site et les publiaient.” -Jimmy Wales
Dans un monde où les faits sont facultatifs, Wikipédia reste un acte d’espoir fragile et provocateur. Ce n’est pas parfait, mais ça persiste. Et cela suffit peut-être.




























